Courrier n°13

Mai 2002

" Toutes les libertés doivent être protégées et avant tout la liberté de conscience ".

Professeur Robert DEBRE 1974 (L’honneur de vivre).

L’ éditorial d’Irène LIMNIOS

."Etat de choc" , "cataclysme ", "séisme politique ", tous termes employés pour traduire l’immensité de la surprise des résultats du premier tour des élections présidentielles en France. Personne n’avait vu venir une telle désapprobation d’un parti, la gauche socialiste, et surtout la montée d’un autre, l’extrême droite ! Redoutable leçon .de l’histoire qui prouve que rien n’est jamais vraiment joué d’avance !

Les causes sont certes multiples et variées, qui ont fait que l’un des 2 candidats présents au 2ème tour n’est pas celui attendu. Une des raisons de l’élimination de Lionel Jospin aura été sans doute d’être resté sourd au besoin de réel dialogue de la société civile , en particulier des professionnels de Santé qui ont pourtant à plusieurs reprises informé et mis en garde....

Dans le domaine de la politique de Santé en France et celui de la Santé des enfants et des adolescents qui nous concerne plus particulièrement, le Collectif n’a cessé d’exposer depuis plusieurs années sa façon de voir, l’intérêt de préserver et de développer par le dialogue répété des consultations successives, la prise en charge de proximité de chaque enfant dans la globalité de son être et de son devenir. Nous avons été plus que confortés dans notre appréciation des besoins réels des familles par les centaines de milliers de signatures et de lettres de parents approuvant notre volonté de "Sauver la Pédiatrie", comprenant que notre métier aujourd’hui est plus que jamais un métier à multiples facettes socio-médico-culturelles. Pour permettre la réalisation d’une telle volonté, tout le monde le sait maintenant, il faut parer à la diminution inexorable du nombre de pédiatres de terrain, en en formant suffisamment aujourd’hui pour assurer la relève demain.; il faut augmenter la rémunération de notre activité ( au bas de l’échelle de tous les revenus médicaux) pour attirer les jeunes générations de médecins vers l’exercice de la Pédiatrie de ville . Il faut aussi que les CONDITIONS D’EXERCICE de cette spécialité passionnante mais difficile soient DIGNES.

Nous avons réussi à faire beaucoup de bruit dans les media, auprès des élus politiques et des responsables syndicaux pour nous faire entendre, au risque de nous faire traiter de "marginaux" , de "diviseurs" par certains de nos collègues. Il s’agissait et il s’agit toujours d’affirmer la haute idée que nous avons de notre métier, certes au service de l’enfant et des familles, et de la société en général mais aussi notre positionnement dans un projet de politique de Santé en France de plus grande envergure.

C’est pourquoi, NOUS NE POUVONS SOUSCRIRE à aucune notion de contrat, forfait, et autre signature individuelle avec les Caisses d’Assurances Maladie qui nous sont proposés pour quelques sous. Nous demandons certes cette revalorisation financière, vitale pour certains d’entre nous, mais pas dans de telles conditions de mise sous tutelle. C’est l’esprit des propositions des Caisses que nous dénonçons; c’est ce vers quoi on veut nous entraîner et dont nous NE VOULONS PAS .C’est ce que nous n’avons cessé de répéter aux politiques et aux syndicats qui ne veulent pas comprendre.

Certains peuvent penser que tout est joué et les donnes "incontournables "; d’autres, dont nous sommes, pensent que tout peut toujours être remis à plat et joué DIFFEREMMENT .

Irène LIMNIOS, Présidente du Collectif des pédiatres libéraux


NON A L’ASSERVISSEMENT DES PEDIATRES PAR LES CAISSES.CS à 30 € ou SINON REOUVERTURE IMMEDIATE DU SECTEUR 2 !

Comment créer 80 000 emplois de fonctionnaires hospitaliers pour passer aux " 35 heures " et distribuer 10 millions de cartes de C.M.U. pour fidéliser ses électeurs, sans avoir un sou en poche ?

Le ministère de Mr JOSPIN, et la CNAM dirigée par la CFDT, ont trouvé la réponse : il suffit de liquider la médecine libérale et de la remplacer par une médecine de caisse au rabais.

Pour cela la CNAM veut faire signer des contrats individuels, introduire la capitation (tiers payant forfaitaire annuel pour certains patients ou pathologies) et le codage des actes : le médecin perd ainsi son indépendance morale et financière, devenant un employé des caisses. Par ailleurs le codage des actes est incompatible avec le secteur 2 et la CNAM veut la fermeture définitive du secteur 2.

Le Collectif constate qu’il n’existe plus actuellement de possibilité d’obtenir un CS pédiatrique par la voie normale des négociations, puisque la CNAM ne cherche qu’une chose : NOUS ASSERVIR .

Après la surprise des résultats de la présidentielle, de nouvelles possibilités peuvent s’ouvrir pour le CS PEDIATRIQUE à 30 € minimum. SI CELA N’EST PAS OBTENU IMMEDIATEMENT IL FAUT ALORS EXIGER LA REOUVERTURE DU SECTEUR 2 : plus de 20 000 généralistes sont passés à 20 € malgré les menaces des caisses et plusieurs milliers de spécialistes " cliniques " sont passés à 30 € minimum, avec le soutien des patients qui veulent garder une médecine indépendante et de qualité.

Les représentants de la coordination nationale des pédiatres libéraux réunis à Paris le 04 avril 02 appellent les pédiatres à passer le tarif de toutes leurs consultations à 30 € minimum et demandent aux syndicats représentatifs d’exiger la réouverture du secteur 2. La FMF et l’UCCSF ont déjà pris position pour l’ouverture du secteur 2. Le SML le fera si le CS à 30 € n’est pas obtenu rapidement.

REUNION COORDINATION PEDIATRES LIBERAUX : mardi 11 juin 2002 à 20h30 Centre Français du commerce extérieur – 10 avenue d’Iéna PARIS 16ème . VENEZ NOMBREUX !

Le nombre de pédiatres, de spécialistes et de généralistes va continuer à s’effondrer dans les 10 prochaines années, permettant à de nombreux spécialistes de se déconventionner si il n’y a plus d’autre solution possible

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PEDIATRE REFERENT : la CNAM et les dirigeants du SNPF persistent et signent : malgré une avalanche de protestations et un refus de leur propre conseil d’administration, les dirigeants du SNPF ont signé un avant-projet de forfaits et contrats pédiatriques de type médecin référent !!.Dans cet accord pas un centime d’augmentation du CS qui est pourtant l’acte de base du pédiatre en cabinet !.La signature définitive est prévue avant le 15 juin : ce projet prévoit des forfaits et contrats pour certains patients présentant des pathologies chroniques ou lourdes, pour des actions de prévention et de santé publique : ces contrats sont facultatifs et doivent être ratifiés individuellement par les pédiatres volontaires. L’argent nécessaire à la rémunération de ces contrats sera pris sur l’enveloppe budgétaire de tous les spécialistes : comme c’est une enveloppe " fermée ", cela contribuera à maintenir le blocage du CS, voire à diminuer le CS par l’application des lettres clés flottantes ! Les dirigeants du SNPF ont choisi le camp de la médecine de caisse, comme MG France chez les généralistes. Le Collectif appelle tous les pédiatres à NE PAS signer ces contrats qui les transformeront en employés des caisses (mais sans les 35 heures…).

On se demande pourquoi le SNPF se précipite à vouloir à tout prix signer quelque chose, alors que la situation politique est complètement floue et que toutes les décisions sont en suspens jusqu’en juin. Nous vous invitons à REJOINDRE EN MASSE LE COLLECTIF pour défendre efficacement la pédiatrie libérale.


COMMUNIQUE DU SYNDICAT DES MEDECINS LIBERAUX (S.M.L.) du 17/04/2002 : le S.M.L. qui a été le premier à réclamer une revalorisation spécifique de la situation des pédiatres, dénonce les orientations contenues dans le relevé de conclusions établi à la suite de la réunion du 16 avril entre le syndicat national des pédiatres français et les caisses d’assurance maladie. En effet cet accord fait entrer les pédiatres dans une logique de médecine de caisses.

a/ Avec les " forfaits annuels de suivi de certains enfants ", les pédiatres seront des médecins référents de l’enfance.

b/ Le contrat pédiatrique et la rémunération spécifique liée à l’adhésion individuelle constituent un risque pour la liberté de choix des patients et l’indépendance des médecins.

c/ Il est significatif que ce relevé de conclusions n’évoque pas la revalorisation du tarif de la consultation pédiatrique, l’acte de base des pédiatres.

Cette double logique – médecine de caisse et contrat individuel – qui est contradictoire avec l’objectif de recréer un cadre conventionnel commun à l’ensemble des médecins – généralistes et spécialistes – est inacceptable.

Dr Dino CABRERA.


Les objectifs du Collectif sont clairs : maintenir l’indépendance du pédiatre libéral et le paiement à l’acte.

La revendication principale demeure la création d’un CS pédiatrique OU si impossible l’ouverture du secteur 2. Cela peut être obtenu dans le cadre d’une nouvelle convention commune à tous les médecins, sans enveloppe budgétaire fermée ni lettres clés flottantes, mais avec des volets spécifiques par spécialité. Un tel projet est défendu actuellement par le S.M.L. : son président Dino CABRERA que nous venons à nouveau de rencontrer le 23/04/2002 s’est engagé à défendre la création d’une cotation spécifique pédiatrique dans le cadre d’une nouvelle convention. Les armes revendicatives sont le D.E. le plus massif possible et les coordinations pour mettre le nouveau gouvernement devant le " fait accompli " et l’obliger à une nouvelle convention.

Après le séisme de l’élection présidentielle, les gouvernants et les technocrates vont devoir écouter ceux qui sont sur le terrain et prendre plus en compte leurs revendications, ou alors, c’est à désespérer de la classe politique…

Nous vous demandons plus que jamais de nous soutenir pour continuer notre mouvement en toute indépendance.Rejoignez nous pour sauver la pédiatrie libérale !


FLASH INFO COORDINATION DES PEDIATRES LIBERAUX

 

REUNION DE LA COORDINATION NATIONALE DES PEDIATRES LIBERAUX

le mardi 11 juin 2002 à 20h30

Centre Français du Commerce Extérieur

10 avenue d’Iéna PARIS 16°

Présence à confirmer impérativement à :

Khadidja GLEMET (06 14 82 11 42) ou

Michel BENSABAT (06 60 98 60 36)

Les représentants de la coordination réunis à Paris le 04 avril 02 constatent QU’UN GRAND NOMBRE DE PEDIATRES ET DE SPECIALISTES " CLINIQUES " SONT PASSES à 30 EUROS.

ILS APPELLENT TOUS les pédiatres et TOUS les spécialistes " cliniques " (Gynécos, Endocrinos, Dermatos, ORL médicaux, ) à PASSER IMMEDIATEMENT le tarif de leur consultation à 30 € minimum par un D.E. généralisé.

IL APPELLENT à " OCCUPER LE TERRAIN " ET METTRE LES POUVOIRS PUBLICS DEVANT LE FAIT ACCOMPLI : SI TOUT LE MONDE PASSE à 30 EUROS IL SERA IMPOSSIBLE DE FAIRE MARCHE ARRIERE !

ILS EXIGENT LA REOUVERTURE IMMEDIATE DU SECTEUR 2 et appellent tous les syndicats à soutenir cette revendication.

ILS REFUSENT LE CODAGE DES ACTES ET EXIGENT UNE COTATION UNIQUE POUR LES ACTES DU PEDIATRE EN CABINET : LE CS PEDIATRIQUE.

 

 

Document d’informations n’engageant pas la responsabilité du Collectif des Pédiatres.