Courrier n° 3

EDITO Octobre 1999

Le Collectif a 1 an et nous voilà près de 200, c'est encourageant et ça veut dire qu'il rejoint l'aspiration de nombre d'entre-vous; il faut être encore plus nombreux, nous sommes confiants. Recertification, télétransmission, et pour les pédiatres, désertification… nous en parlons dans notre 3è courrier

Qui sommes-nous ? : certains nous considèrent comme de dangereux gauchistes, d'autres comme des ultra-libéraux, d'autres encore comme des nostalgiques de l'agit-prop....Nous dérangeons probablement, mais ce n'est pas notre but premier, nous sommes tous des pédiatres de terrain, avec une activité exclusivement ou essentiellement libérale. Nous ne dépendons d'aucun parti politique, nous ne suivons pas la ligne d'un syndicat, nous parlons de notre quotidien.

 

Où allons-nous ? : il suffit de regarder autour de nous pour constater le fermeture définitive des cabinets de pédiatrie faute de successeur; il suffit de discuter avec les parents pour entendre leur désarroi face à notre disparition progressive. Nous ne nous résignons pas à cette situation et avons entrepris plusieurs types d'actions: des rencontres avec des "décideurs" politiques, des articles dans la presse professionnelle et grand public, en particulier une pleine page consacrée à la pédiatrie libérale dans le "Monde" du 14/11/98. Nous voulons faire plus sinon, notre avenir est derrière nous.

Le P.P.F. ou Paysage Pédiatrique Français est dominé par la Société Française de Pédiatrie, exclusivement hospitalière jusqu'à une date récente, et qui décide de tout, bien que totalement incompétente dans notre domaine

(un seul exemple: la proposition de limiter l’accès au pédiatre à certains âges clés !) Nous pensons que la S.F.P. ne se préoccupe pas des pédiatres libéraux, elle s'inquiète de la pénurie parce que les listes de garde sont vraiment trop difficiles à compléter et parce que les urgences sont engorgées d'enfants qui n'ont rien à y faire. Le Syndicat n'a jamais protesté devant cette discrimination, de peur sans doute de faire de la peine à la S.F.P. Entre gens de bonne compagnie, on parle le même langage. Alors que la sonnette d'alarme aurait du être tirée depuis longtemps, on se réveille tout étonnés en se demandant pourquoi le bateau coule…D’où notre ras-le-bol !

 

Actualité: - recertification: le but

avoué de la C.N.A.M est d’éliminer 20.000 médecins conventionnés. Que le Conseil de l’Ordre acquiesce, c’est déjà surprenant, mais que la C.S.M.F. , bientôt rejointe par le S.M.L., accepte l’idée, là, on ne comprend plus. Sommes-nous si peu soucieux du bien-être de nos patients que nous ne nous tenons pas informés ? Les soirées d ‘E.P.U. et les lectures de revues prises sur notre temps libre, c’est du pipeau ! Pourquoi les libéraux et pas les hospitaliers ? Qui va nous recertifier ? les Hospitalo-Universitaires qui ont un point de vue exclusivement hospitalier ou bien les responsables syndicaux ou des Unions Professionnelles dont le pouvoir va alors devenir exorbitant ? Et les énarques sur qui repose l’avenir du pays, leur compétence est-elle évaluée régulièrement ? Tout cela est grotesque, nos syndicats ont-ils perdu toute dignité ? Comme l’a écrit récemment un confrère dans Le Quotidien du Médecin : « accepter le principe de la recertification, c’est admettre que les médecins ne sont pas compétents et cela, il faut le refuser avec la dernière énergie. »Nous sommes farouchement contre ce projet et avons envoyé avec le Collectif des Gynécologues, une lettre aux différents partis politiques, élus, syndicats, associations et média expliquant notre position.

 

télétransmission: par un courrier récent la Sécu met la pression sur ceux qui ont signé; pas de précipitation, ne vous engagez pas dans cette galère, ça ne fonctionne pas et de toutes façons, aucune sanction n’est prévue.

 

Manif des professions de santé libérales le dimanche 17 octobre: pour nous, il est évident d'y participer et d’être nombreux

 

Nouvelle nomenclature pour les actes en maternité, c’est une très bonne nouvelle, attendue depuis longtemps, mais tout reste à faire pour obtenir des honoraires décents au cabinet, qui nous permettent de ne pas être asphyxiés financièrement.

 

Projets: afin de continuer l'information et la promotion de la pédiatrie auprès des parents, nous mettons au point une affiche sympa pour la salle d'attente. Si nous sommes sponsorisés, nous pourrons l'envoyer(comme cette lettre) à tous les pédiatres libéraux français, c'est un bon support pour amorcer la discussion avec les familles.

Nous sommes partenaires d'une campagne de prévention des accidents de la route, ciblée sur l'enfant et là aussi, une affiche sera diffusée.

Le bureau du Collectif s’oppose à l’augmentation des cotisations C.A.R.M.F. et souhaite que les pédiatres refusent ces mesures lors du référendum qui sera bientôt organisé.

 

Avant la fin de l'année, notre site Web sera opérationnel

Moment fort dans la vie d'une association, l'A.G. annuelle du Collectif aura lieu début décembre, les adhérents recevront une invitation personnelle.

 

En guise de conclusion:

La médecine est "tenue" par des institutionnels coupés de la réalité de terrain et soucieux de ménager la chèvre et le chou. Peut-on compter sur la combativité de gens qui viennent de recevoir la Légion d'Honneur des mains de Chirac? (Maffioli et Bouton)

L'expérience du travail syndical nous renforce dans l'idée que les gens de terrain sont les seuls à pouvoir parler autre chose que la "langue de bois";

Le seul moyen de faire bouger c'est de prendre la parole, de stimuler, d' aiguillonner, de bousculer ceux qui nous représentent pour les pousser à agir dans un sens favorable à la pédiatrie libérale. Mais, il faut avoir les moyens de cette action; si la volonté et la confiance ne manquent pas, il faut aussi de l'argent... Le Collectif vit surtout des cotisations, les sponsors sont un peu frileux pour le moment(sauf certains que nous remercions vivement), chaque lettre que nous vous envoyons nécessite un budget conséquent; soutenez-nous, le Collectif est un espace de liberté alors, adhérez, même si vous n'êtes pas d'accord sur tout, votre action permet un vrai débat en pédiatrie. Merci et à bientôt.

Le Collectif